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Affaire Ramatoulaye: «En droit pénal strict, il n’y a pas infraction» selon Jean Bonin

Mis à jour le 13 janvier 2026 par Moh F

L’affaire Ramatoulaye défraie de plus en plus la chronique en dépit des jours qui passent. Après l’élimination des éléphants la semaine dernière en quarts de finale, l’humouriste ivoirien avait exprimé son mécontentement dans une vidéo dans laquelle on le voit piétiner le maillot des éléphants.

L’affaire Ramatoulaye s’invite une nouvelle fois au cœur de l’actualité ivoirienne. Tout commence la semaine dernière lors du match opposant la Cote d’Ivoire à l’Egypte, dans le cadre des quarts de finale de la CAN 2025 au Maroc. Après la défaite des éléphants, les ivoiriens ont exprimé de mille et une manière leur mécontentement, pour certains sur les réseaux sociaux. C’est dans l’expression de cette colère que le capitaine des éléphants Yannick Franck Kessié a subi de nombreuses critiques sur la toile, après son match manqué face aux pharaons le 10 janvier dernier.

L’humouriste Ramatoulaye a lui choisi d’exprimer sa colère et son mécontentement d’une autre manière, en piétinant le maillot ivoirien. La vidéo diffusée par le comédien ivoirien en direct est devenue très rapidement virale sur la toile. Face à la colère des ivoiriens, l’humoriste n’a eu d’autres choix que de présenter ses excuses pour avoir piétiné le maillot de l’équipe nationale après la défaite face à l’Egypte. Malgré le méa culpa, l’affaire Ramatoulaye alimente toujours la polémique. Pour certains ivoiriens, l’humouriste mérite d’être interpellé par les autorités pour avoir piétiné le maillot de l’équipe ivoirienne.

Le juriste ivoirien Jean Bonin a donné son avis sur l’affaire Ramatoulaye. Et la réponse du juriste risque encore de faire polémique auprès de certains supporters : «Beaucoup de compatriotes m’interpellent après avoir vu une vidéo montrant une personne marcher sur le maillot des Éléphants de Côte d’Ivoire. L’émotion suscitée par cette séquence vidéo est compréhensible. Mais le droit ne se juge pas à l’émotion. Posons donc calmement les faits en droit ivoirien. L’article 267 du Code pénal ivoirien sanctionne uniquement l’outrage au drapeau national (emblème de l’État) et aux armoiries nationales. Ces symboles sont constitutionnels, officiels et l’expressions directes de la souveraineté de la République. Le maillot de l’équipe nationale est lui, un équipement sportif, géré par la Fédération Ivoirienne de Football. Il n’est consacré par aucun texte comme emblème de l’État.

Il ne bénéficie donc pas de la protection pénale réservée au drapeau national. À ma connaissance, aucune loi ivoirienne n’assimile le maillot à un emblème national, ni ne pénalise le fait de marcher sur un symbole sportif. En droit pénal strict, il n’y a pas infraction. À la limite, on peut considérer que « c’est un manque de respect à la Nation ! ». Peut-être. Mais le respect moral est différent de l’infraction pénale. Le droit sanctionne des faits légalement définis, pas des ressentis. On peut également considérer que « le maillot représente la Côte d’Ivoire ». Symboliquement, c’est vrai. Mais d’un strict point de vue juridique, il n’en est rien.», a révélé Jean Bonin sur son compte officiel.