Présidentielle en RDC : Félix Tshisekedi se retire de l’accord de Genève

Félix Tshisekedi accord de genève

Nouveau coup de théâtre dans la course à la présidentielle en RDC. Alors que l’opposition s’était réunie plusieurs jours à Genève pour désigner un candidat unique pour affronter celui du pouvoir en place, Félix Tshisekedi, président de l’UDPS, a annoncé ce lundi son retrait de l’Accord politique signé dimanche en Suisse. Ils étaient 7 principaux leaders de l’opposition congolaise à donner leur aval pour la désignation d’un candidat unique dans ce scrutin présidentiel qui aura lieu le 23 décembre prochain.

L’opposition congolaise ira probablement en rangs dispersés à la prochaine présidentielle en RDC. L’actualité de ce lundi était marquée par la signature d’un accord historique entre 7 leaders de l’opposition réunis à Genève depuis quelques jours. Après 72h de discussion, l’opposition congolaise avait décidé de désigner un candidat unique à la présidentielle en RDC pour affronter le régime en place. Mais l’accord de Genève qui a vu la désignation de Martin Fayulu comme unique candidat de l’opposition congolaise vient de voler en éclat. A l’issue d’un entretien accordé à Top Congo FM, Felix Tshisekedi, l’un des principaux leaders d’opposition en République Démocratique du Congo, a annoncé le retrait de sa formation politique de l’accord de Genève : « Je me suis rendu compte que l’acte que vous avons posé à Genève n’a pas été compris par la base. Au contraire, cet acte a été rejeté. Par conséquent, j’assume ce que je dis, je retire ma signature au nom de l’UDPS, de cet accord que nous avons signé à Genève », a souligné ce lundi le président de l’UDPS, l’un des principaux partis d’opposition congolais.

La base de l’UDPS dit non au candidat unique

Felix Tshisekedi justifie son retrait par le refus de sa formation politique à entériner l’accord de désignation d’un candidat unique à la présidentielle en RDC : « Si je suis allé à Genève, c’est quelque part avec l’aval de la base. Car il était question à Genève de trouver un accord pour la désignation d’un candidat commun. Ce n’est pas une initiative personnelle. J’assume cette responsabilité en tant que président de l’UDPS. Il y a ce devoir de redevabilité. La base de l’UDPS est le moteur de notre parti. On ne peut pas se dire leader de l’UDPS sans sa base. Je ne voudrais pas entrer en détails sur les délibérations de nos rencontres de Genève. J’ai défendu jusqu’au bout les intérêts de l’UDPS », a poursuivi le leader de l’opposition. Pourtant celui-ci avait soutenu dimanche l’idée de cette candidature unique, allant même jusqu’affirmer qu’il mettrait tout en œuvre pour convaincre son parti d’adhérer à sa démarche : « Je vais les convaincre. Ils doivent être d’accord. Il n’y a rien à faire. Nous voulons le changement et le changement passe par le soutien à la candidature de Martin Fayulu. S’ils veulent la continuité de la Kabilie, ils feront d’autres choix. Moi, je vote pour le changement et le changement aujourd’hui s’appelle Martin Fayulu ».

Aller en rangs dispersés à la présidentielle en RDC?

A peine rentré au pays, Felix Tshisekedi fait volte-face en se retirant de l’accord politique désignant Martin Fayulu comme candidat unique de l’opposition à la présidentielle du 23 décembre 2018 en RDC. Malgré ce retrait de l’accord de Genève, le parti d’opposition entend toujours briguer la magistrature suprême cette année en République Démocratique du Congo, avec une main tendue aux autres membres de l’opposition : « Nous irons seuls ou avec ceux qui voudront venir avec nous (…).Les leaders, les amis dont vous faites allusion. Je suis sûr qu’ils comprendront. Ils savent de quoi nous avons parlé. Je n’ai aucune inquiétude par rapport à cela. Je vais assumer toutes les conséquences par rapport à ce que je viens de vous dire ».

Agé de 62 ans, Martin Fayulu avait été désigné comme candidat unique de l’opposition congolaise dimanche pour l’élection présidentielle en RDC. Considéré comme un farouche opposant au régime Kabila, le candidat unique désigné dimanche en Suisse par les sept principaux leader de l’opposition avait déjà défini sa feuille de route : dans un premier temps accentuer la pression sur le gouvernement pour l’abandon de la machine à voter et ensuite la révision du fichier électoral. Avec le désistement de l’UDPS annoncé ce lundi par Félix Tshisekedi, l’opposition congolaise pourrait aller en rangs dispersés à ce scrutin présidentiel prévu pour le 23 décembre, une situation qui ferait bien les affaires du régime en place.

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