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Tchad : Internet coupé, la capitale quadrillée par l’armée

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Au Tchad, l’accès à Internet a été coupé depuis mercredi à minuit sans que les raisons ne soient connues. Jeudi matin, l’armée appuyée par les forces de police et de gendarmerie, ont quadrillé la capitale N’Djamena pour empêcher toute manifestation dans la capitale tchadienne. Plusieurs organisations de la société civile avaient appelé à une ‘‘marche pacifique’’ ce jeudi contre le régime d’Idriss Deby pour dénoncer ‘‘la mauvaise gouvernance’’ et les injustices sociales.

Une partie du Tchad est privée d’internet et la capitale N’Djamena a été quadrillée très tôt ce jeudi matin par l’armée. L’actualité africaine de ce 25 janvier est dominée par cette marche initiée par certaines organisations de la société civile tchadienne et des syndicats. Si certaines organisations avaient annoncé qu’elles renonçaient à la marche de ce jeudi, d’autres associations ont décidé de descendre dans les rues pour dénoncer ‘‘la mauvaise gouvernance, les injustices de toutes sortes et les mesures anti-sociales prises par le gouvernement’’, malgré l’interdiction formelle de la ‘‘marche pacifique’’ par le ministre de l’intérieur. Pour justifier sa position, Ahmadaye Abdelkérim Bakhi a laissé entendre que cette manifestation pourrait conduire à un ‘‘soulèvement populaire’’ :

« Ce n’est plus une marche, les élèves, les badauds des quartiers, les enfants, tout le monde va s’infiltrer et attaquer dix arrondissements le même jour, la même heure, en même temps, je crois que ce n’est plus une marche. Pour moi, ce n’est plus une marche, c’est un soulèvement populaire qui entraînera des casses qu’on ne pourrait pas contrecarre ».

La garde nationale, les forces de police et de gendarmerie ont été déployées très tôt ce matin aux endroits sensibles de la capitale du Tchad en vue de prévenir tout risque de ‘‘soulèvement populaire’’ lors de cette marche contre le régime. Les premiers attroupements de manifestants à N’Djamena ont été rapidement dispersés par l’armée et la police toujours positionnées aux points stratégiques de la ville. Malgré l’interdiction de la marche initiée par la société civile et certains syndicats, le ministre de l’intérieur s’est montré toutefois ouvert au dialogue.
« Le mieux c’est d’instaurer un dialogue, le dialogue arrache tout. Je reste ouvert dans tous les cas de figure, à n’importe qu’elle heure. Toutes vos observations, revendications, je dois en prendre compte et instaurer un dialogue franc »,
a fait savoir Ahmadaye Abdelkérim Bakhi. Pour ladite manifestation, le ministre de l’intérieur avait même suggéré aux organisations de la société civile de choisir un endroit précis afin que la police et la gendarmerie soient en mesure d’encadrer la marche pour éviter les casses :

« Vous avez des militants. Choisissez un lieu très encadré et nous allons vous autoriser, sans associer les enfants, les élèves, les gens du quartier. On ne peut pas vous refuser. Dix lieux différents, ce n’est pas très facile. Imaginez les casses que cela va engendrer. Ce pays c’est le nôtre, nous avons grandi dans les guerres, nous ne souhaiterons pas que vous, les nouvelles générations, revivez ce que nous avons connu par le passé ».

La dernière coupure d’internet au Tchad remonte à l’année 2016, plus exactement lors de la dernière présidentielle qui s’est achevée par une victoire au premier tour d’Idriss Deby.

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