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Esclavage en Libye : ‘‘les libyens ne sont pas des esclavagistes’’

L’esclavage en Libye révélé au mois de novembre avait suscité une grande indignation de la communauté internationale. Le reportage diffusé par CNN montrant l’existence de réseaux de vente d’esclaves sur le sol libyen avait poussé les autorités du pays à ouvrir une enquête sur ses centres de détention. Avant la publication des résultats de cette enquête, le chef de la diplomatie libyenne appelle à la prudence, affirmant que ‘‘les libyens ne sont pas des esclavagistes’’.

«Les libyens ne sont pas des esclavagistes », a expliqué Mohamed Tahar Siala, le ministre des affaires étrangères en Libye. A l’occasion du 30e sommet de l’Union Africaine qui s’est tenu dans la capitale éthiopienne, le chef de la diplomatie libyenne a brièvement abordé la question de l’esclavage dans une interview accordée à Jeune Afrique. Concernant l’enquête ouverte par les autorités libyennes suite aux pressions exercées par la communauté internationale, Mohamed Tahar Siala a indiqué que les conclusions de ce rapport seront dévoilées ‘‘dans un mois’’. Mais le ministre libyen des affaires étrangères a appelé à observer une prudence sur le reportage diffusé par CNN, expliquant que ‘‘ce reportage n’est pas fiable tant que les actes qui y figurent n’ont pas encore été authentifiés’’. Pour Mohamed Tahar Siala, « Il faut attendre l’enquête de la justice libyenne pour en juger. ».

Au mois de novembre, la Libye a été secouée par un énorme scandale de réseaux de vente de migrants africains comme des esclaves. Tout était parti d’un reportage vidéo diffusé par CNN, une bande vidéo de quelques minutes où l’on aperçoit le membre d’un groupe armé marchander le prix de vente d’un migrant par téléphone avec un présumé trafiquant d’esclave. Cette vidéo avait suscité une grosse indignation en Afrique comme sur la scène internationale, exposant la Libye à une vague de condamnation à l’échelle mondiale. Face aux pressions de la communauté internationale, notamment la France, les autorités libyennes ont procédé à l’ouverture d’une enquête sur ce présumé réseau de trafic d’esclaves en Libye. Mais selon le chef de la diplomatie libyenne, les libyens ne seraient pas impliqués dans ce réseau ventre de migrants africain :

« Dans nos lois, l’esclavage est un crime. Il ne fait partie ni de notre religion musulmane, ni de notre culture. Par conséquent, il n’existe pas d’esclaves en Libye, peut-être des mafias qui exploitent la détresse de ces migrants pour les revendre à d’autres mafias, mais les libyens ne sont pas des esclavagistes. », a confié Mohamed Tahar Siala à Jeune Afrique.

La réponse des autorités libyennes concernant le reportage diffusé par CNN sera connue d’ici fin février ou tout au plus début mars, si l’on se fie aux informations données par le ministre libyen des affaires étrangères. Mais la présence des migrants africains est une réalité que ne dément pas Mohamed Tahar Siala. D’après lui, le nombre de migrants africains encore présents sur le sol libyen dépasse à ce jour la barre des 750 000 candidats à l’exil. Après le reportage de CNN, certains pays de l’Afrique de l’ouest, région la plus touchée par l’immigration en Libye ont procédé à l’évacuation de leurs ressortissants. Mais le rapatriement des migrants bloqué sur le territoire libyen prendra probablement des mois, étant donné qu’une partie du pays est encore sous contrôle des milices.

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