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Ehouo Jacques convoqué : le procureur Adou Richard invite le maire du Plateau à répondre à la convocation

Le maire de la commune de Plateau Ehouo Jacques a été convoqué par la police économique après avoir été mis en cause par Yapi Jacques qui assurait l’intérim après l’exil de Noel Akossi Bendjo. Mais au cours d’une conférence de presse, les avocats du nouveau magistrat de la commune la plus riche d’Abidjan ont dénoncé un recul de la démocratie, établissant un rapport entre la non-installation de l’élu et les soupçons de détournement de fonds. Attendu à la police économique pour le 03 janvier 2019, le successeur d’Akossi Bendjo ne répondra pas à sa convocation. Le procureur de la République Adou Richard a pour sa part rappelé à l’élu à ‘‘déférer à la convocation qui lui a été adressée’’.

Le maire Ehouo Jacques a été convoqué la semaine dernière par la police scientifique suite à des soupçons de malversation financière. Elu au soir du 13 octobre à l’issue des municipales 2018 en Côte d’Ivoire, le cadre PDCI n’est à ce jour, pas encore rentré dans l’exercice de ses nouvelles fonctions. Pour cause, son installation à la municipalité de la commune est retardée suite à des accusations de blanchiments de capitaux émis par le maire intérimaire Yapi Jacques qui avait été désigné il y’a quelques mois plutôt. Ce dernier avait été convoqué par la police économique suite à quelques irrégularités constatées dans les caisses de la mairie. A l’issue de son audition dans les locaux de la police chargée de la répression économique, le maire intérimaire avait mis en cause Noel Akossi Bendjo qui occupait ce poste avant de l’aller en exil suite à des soupçons de détournements. Lors de son interrogatoire, l’intérimaire avait aussi mis en cause le nouvel élu à la tête de la municipalité. Jacques Ehouo convoqué à son tour par la police économique n’a guère répondu à cette convocation le 03 janvier dernier. Fort de ce constat, le procureur de la République a donc invité le mis en cause à ‘‘déférer à la convocation qui lui a été adressée’’.

Communiqué du procureur suite à la convocation d’Ehouo Jacques Gabriel

« Par lettre en date du 11 décembre 2018, Monsieur YAPI Jacques, Maire intérimaire du Plateau, a saisi mon Parquet d’une plainte contre inconnu, pour détournement de deniers publics, faux et usage de faux et blanchiment de capitaux.
Ladite plainte a été transmise, pour enquête, à la Direction de la Police Economique et Financière. Auditionné par les enquêteurs, le plaignant, monsieur YAPI Jacques, a mis en cause les nommés BENDJO Akossi Noël Honoré Charles et EHOUO Jacques Gabriel Martial.

Une convocation a été délivrée aux conseils de Monsieur EHOUO Jacques Gabriel Martial, en vue de son audition le 03 janvier 2019. Le 02 janvier 2019, les avocats de monsieur EHOUO Jacques Gabriel Martial ont adressé une correspondance au Directeur de la Police Économique et Financière, avec ampliations à la Présidence de la République, au Président de l’Assemblée Nationale, au Président du Sénat, au Ministre de la Justice, au Ministre de l’Intérieur, à la Secrétaire d’État chargée des Droits de l’Homme, au Procureur Général près la Cour d’Appel d’Abidjan, au Procureur de la République près le Tribunal de Première Instance et à plusieurs Chancelleries.

Par cette correspondance, ils indiquaient leur refus de donner suite à la convocation de leur client en raison de l’entorse que celle-ci porte à la loi fondamentale. En effet, pour ces avocats, les autorités chargées des poursuites en matière pénale n’ayant pas obtenu les autorisations requises, conformément à l’article 92 de la Constitution, elles ne sauraient engager de poursuites à l’encontre de leur client en raison de son statut de député.

Cette position a été du reste réaffirmée par ces avocats lors de leur conférence de presse du jeudi 03 janvier 2019. En ma qualité de Procureur de la République, donc de directeur des enquêtes de police judiciaire, je fais observer que la position des avocats de Monsieur EHOUO Jacques Gabriel Martial procède d’une interprétation erronée de l’article 92 de la Constitution.

En effet, hors session parlementaire, et au regard de l’article 92 alinéa 2 de la Constitution, seule l’arrestation du député n’est pas autorisée. Celle-ci n’est possible que dans les cas de flagrant délit, de poursuites autorisées ou de condamnations définitives. À contrario, hors session parlementaire, le député peut être poursuivi. Par conséquent, j’invite Monsieur EHOUO Jacques Gabriel Martial à déférer à la convocation qui lui a été adressée.

Fait à Abidjan, le 04 janvier 2019 ».

La jeunesse PDCI fait bloc derrière Ehouo Jacques

Le maire Ehouo Jacques convoqué par la police économique bénéficie du soutien de la jeunesse PDCI. Le samedi dernier, une manifestation a été organisée par la JDPCI pour exiger l’installation du maire élu au soir du 13 octobre 2018. Ce lundi 07 janvier 2019, des dizaines de partisans du maire Ehouo Jacques convoqué sont descendus dans les rues de la commune abidjanaise pour dire non à la mise en place d’une délégation spéciale dirigée par des préfets.

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