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Saccage centre dépistage Coronavirus Yopougon : Jean Bonin accuse le gouvernement

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Le saccage d’un centre de dépistage du nouveau coronavirus dans la commune de Yopougon, fait depuis quelques heures la une de l’actualité ivoirienne. Après avoir démonté les installations du gouvernement, les riverains du quartier Toit-rouge ont manifesté ce lundi contre ce projet initié par les autorités, dénonçant la proximité du site où seront dépistés les cas suspects, avec les habitations.

Le saccage d’un centre de dépistage du nouveau coronavirus dans la commune de Yopougon, alimente actuellement une vive polémique. D’une part, certains dénoncent une mauvaise communication du gouvernement sur ce projet. Officiellement, le ministère de la santé avait annoncé la réquisition du complexe Jesse Jackson de Yopougon pour servir à l’accueil des malades du Covid-19 en Côte d’Ivoire. Pour Jean Bonin, le gouvernement ivoirien est responsable des troubles occasionnés dans cette commune :

«Chaque fois qu’il y aura un désordre de ce type dans notre pays j’accuserai le gouvernement car c’est principalement à lui qu’il revient d’assurer la sécurité des ivoiriens et des biens sur toute l’étendue du territoire. C’est une prerogative régalienne.  J’avais répété à satiété que le gouvernement communiquait mal, très mal, dans la conduite de la gestion de la crise du COVID19. Personne n’a voulu m’écouter. Les éternels supporteurs sont, en fonction de leur chapelle politique, venus défendre leurs intérêts partisans plutôt que l’intérêt collectif.  L’acte d’incivisme qui a été perpétré par des riverains du stade de la BAE est consécutif à la mauvaise communication du pouvoir qui refuse obstinément d’associer toutes les forces vives de la nation à la gestion de la crise. Au lieu de les associer à la prise des décisions le pouvoir les réduit à de vils exécutants de ses décisions, dès lors les populations ne se sentent pas pleinement concernées.», explique le juriste ivoirien.

Poursuivant, Jean Bonin a par ailleurs dénoncé la mise à l’écart de l’opposition dans la gestion de cette crise sanitaire du nouveau coronavirus en Côte d’Ivoire : «Le président Affi avait suggéré au gouvernement de mettre en place un comité multisectoriel de gestion de la crise. Il n’a pas été suivi. Or cette crise, au-delà du gouvernement, concerne tout le monde. Ce comité multisectoriel national, composé notamment des associations des parents d’élèves, de jeunes, des chefs de quartier, des commerçants, des mutuelles de développement, des partis politiques, des élus… auraient permis qu’avec ses démembrements locaux l’information passe plus facilement et touche le plus grand nombre.», a souligné le proche de Pascal Affi N’Guessan.

Certains partisans du pouvoir n’ont pas perdu de temps à désigner les pro-Gbagbo comme responsables du saccage du centre de dépistage volontaire du coronavirus installé dans la commune de Yopougon, un point de vue que ne partage pas le juriste ivoirien :

«Ceux qui ont cassé et détruit n’appartiennent à aucun parti politique en particulier. Ce sont des riverains sous informés et craintifs qui se sont illustrés de la plus mauvaise des façons. La peur de l’inconnu suscite toujours des réactions épidermiques. Ces réactions sont le signe même que la sensibilisation sur le COVID19 est loin d’avoir porté ses fruits.  Au lieu que nos autorités instrumentalisent le COVID19 à des fins électoralistes avec la multitude de reportages de la RTI sur les dons de gels et de masques de protection par des cadres du RHDP, qui les ont acquis avec des deniers publics, l’accent devrait plutôt être mis sur la sensibilisation vraie. Celle qui se départit des arrières pensées politico-politiciennes.», poursuit Jean Bonin.

S’il tient le gouvernement pour responsable, le juriste ivoirien n’a pas manqué de dénoncer les actes de vandalismes commis sur le terrain de la BAE par les riverains du quartier toit-rouge à Yopougon :

«Selon plusieurs témoignages concordants, les manifestants ont détruit et brûlé le matériel devant servir à la construction du site car ils craignent pour leur santé en raison de la proximité de leurs habitations avec le site d’accueil et de confinement de malades du COVID-19.  Si leur acte n’est pas excusable il est au moins compréhensible. Le manque d’information est la source de leurs craintes. Qu’est-ce qui a été fait concrètement pour les rassurer qu’ils ne risquaient rien ? Rien. Résultat, ils ont violemment réagi. C’est inacceptable car nul n’a le droit de se faire justice.  Demain, que feront-ils et où iront-ils lorsque de nombreux cas se déclareront dans leur commune ? Je condamne la destruction des équipements car c’est une réaction émotive et non rationnelle.», conclut Jean Bonin dans son analyse.

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